Distribution de logiciels : le Cloud met fin à un cycle

    SaaS | Big Data | Cloud | Iaas | data | Infrastructure | innovation - posté le 19-07-2018 par Mehdi BADAWI-EL-NAJJAR

    Le Cloud constitue un des piliers incontournables de l’économie numérique. Les éditeurs de logiciels doivent par conséquent l’intégrer dans leur stratégie de développement et de distribution. Cet article présente les principales évolutions à l’horizon 2020 du marché du Cloud et du SaaS.

    Pendant longtemps, les éditeurs de logiciels applicatifs ont imposé aux entreprises la mise en place d’infrastructures informatiques complexes pour héberger leurs logiciels.
    Les serveurs, les baies de stockage et les logiciels systèmes constituant ces infrastructures devaient respecter des prérequis contraignants définis par l’éditeur pour garantir le bon fonctionnement de leurs logiciels.
    Charge à la direction informatique de l’entreprise d’administrer et de faire évoluer en conséquence les infrastructures et les versions des logiciels de manière coordonnée afin de maintenir un niveau de service satisfaisant pour l’utilisateur. Des ressources précieuses, tant humaines que financières, étaient consacrées à ces tâches opérationnelles au détriment de l’innovation dont les entreprises ont tant besoin. 

    La recherche d’agilité et de réduction des coûts conduisait inexorablement à repenser le mode de distribution des logiciels et ouvrait la voie au Software as a Service (SaaS).
    Dans le modèle de distribution traditionnel, l’éditeur fournissait le code du logiciel et le support associé. En mode SaaS le fournisseur propose l’accès à un service qui exploite le logiciel, toujours à jour, et l’infrastructure informatique indispensable à son fonctionnement. À lui de prévoir l’environnement adapté à la nature de chaque logiciel. Un logiciel de facturation ne nécessitera pas les mêmes ressources informatiques que des applications de modélisation 3D ou de Big Data.

    Un marché du SaaS en pleine maturité

    Le Cloud révolutionne le mode d’utilisation des logiciels. Avec le Software as a Service (SaaS), l’entreprise ne s’encombre plus des contraintes d’infrastructures et du maintien opérationnel du logiciel. La simplicité d’utilisation et la souplesse financière du SaaS séduisent désormais les entreprises.
    Le Cloud apporte une forme de démocratisation de l’utilisation du logiciel en levant les barrières d’entrée, financières et techniques, qui pénalisaient bon nombre d’entreprises. Les directions fonctionnelles et métiers, soulagées des aspects techniques, ont gagné en autonomie. Le délai entre le choix d’un logiciel et sa mise en service est supprimé. L’agilité est réelle et l’efficacité renforcée.
    En adoptant le SaaS, les entreprises se concentrent sur leur cœur de métier et libèrent leur potentiel d’innovation pour créer de la valeur et de la différenciation. Les grands éditeurs ont bien analysé la tendance et s’attachent à équilibrer leur chiffre d’affaires entre distribution traditionnelle et SaaS. Tous les éditeurs de logiciels ont dû rapidement prendre le virage du Cloud sous peine d’être rapidement distancés par leurs concurrents et surtout par les nouveaux entrants.

    Le métier et la responsabilité des éditeurs évoluent. La responsabilité englobe tous les moyens nécessaires au bon fonctionnement du logiciel, le code du logiciel mais aussi l’infrastructure qui le supporte. Cette nouvelle responsabilité exige une relation de confiance et une relation contractuelle adaptée entre l’éditeur et le fournisseur de Cloud.

    Le SaaS plébiscité par les entreprises

    En 2017 le SaaS est déjà très largement présent dans les entreprises et son adoption s’accentuera en 2020. Dans le but d’analyser plus précisément le marché des applications SaaS, le cabinet d'études MARKESS distingue trois catégories d'applications SaaS qui ressortent du lot :

    • Les applications transverses (messagerie, collaboration, analytics, bureautique, dématérialisation). Elles sont généralement disponibles en version SaaS, ce qui explique pourquoi 92 % (vs 77% en 2017) des décideurs interrogés par MARKESS estiment que leur entreprise aura recours au SaaS pour ce type d’applications en 2020. Plus spécifiquement, le recours à des solutions de sauvegarde ou de reprise d'activité sur site distant de type DRaaS (Disaster Recovery as a Service), pour lesquelles 35% des décideurs interrogés en 2017 marquent un intérêt, devrait concerner 51% d’entre eux d’ici 2020. En revanche, le recours à des environnements de travail dans le Cloud de type DaaS (Desktop as a Service) ne semble pas gagner de nombreux adeptes entre 2017 et 2020. Alors que 32% des décideurs interrogés évoquent recourir à une forme ou une autre de ces solutions en 2017, ils ne devraient pas être plus de 37% en 2020. Le développement de suites bureautiques et collaboratives en mode SaaS préfigurent de nouvelles pratiques qui évincent progressivement les solutions « intermédiaires » qui avaient été développées dans ce domaine.
    • Les applications métiers (RH, marketing, vente, finance, comptabilité, relation client, achats...). Bien que toutes ces applications ne soient pas encore accessibles en mode SaaS, à l’image de certains logiciels de gestion intégrée (ERP), l’adoption est déjà forte en 2017 (84% des décideurs interrogés) et franchira la barre des 90% en 2020.
    • Les applications verticales (santé, logistique, transports, immobilier, BTP, social… ). En 2017, le taux d’adoption est relativement faible (14% des décideurs) et ne reflète pas l’intérêt porté au SaaS. Des contraintes réglementaires spécifiques et la nature des données utilisées expliquent en grande partie ce retard. Sur ce marché, les prestataires sont souvent spécialisés et sont par conséquent moins nombreux. Ils doivent se plier à des cahiers des charges contraignants et souvent développer des solutions sur mesure. Néanmoins, l’adoption de solutions SaaS par les applications verticales devraient doubler entre 2017 et 2020 pour passer de 14% à 27% (nombre de décideurs interrogés par MARKESS).

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    À propos de l'auteur : Mehdi BADAWI-EL-NAJJAR

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